Harry ne pouvait pas blâmer ses amis pour s’en faire pour son avenir. Lui-même, quand il essayait de voir à quoi ressemblerais son futur, ne voyait qu’un brouillard inquiétant et impénétrable. Son futur était incertain, il le savait. Pourquoi cette tâche lui revenait-elle à lui? Pourquoi Voldemort n’avait-il pas choisi Neville, il y a de cela bientôt 16 ans? Le plus difficile dans tout ça, c’est qu’il avait dut quitter Ginny… Celle-ci semblait avoir compris, mais n’avait pas voulu partager son compartiment. Il savait que cela la faisait soufrir, et pour cause, car il éprouvait la même terrible douleur à penser qu’il ne la verrait peut-être plus… Mais il ne pouvait pas courir le risque qu’elle soit utilisée contre lui… Il ne se le pardonnerait jamais s’il lui arrivait quelque chose par sa faute. Ginny… Son nom résonnait dans son esprit. Pourquoi, alors qu’il pouvait enfin l’avoir pour lui, devait-il la rejeter ainsi? Il maudissait ce temps de guerre. Il maudissait Voldemort et tous ces Mangemorts. La vie était bien cruelle de lui arracher aussi sournoisement la seule fille qu’il n’ait jamais aimée… Bien sur, Cho Chang ne comptait pas. Chassant ces pensées presque trop pénibles, Harry essaya de se concentrer sur les gouttelettes d’eau serpentant paresseusement sur la surface froide et vitrée. L’eau serpentant... Serpent… Nagini, le serpent de Voldemort. Est-ce vraiment un de ces Horcrux? Un doux grincement ce fit entendre dans le couloir, et la porte du compartiment s’ouvrit devant le familier chariot à friandises. Hermione insista pour qu’il prenne une choco-grenouille, histoire de le remonter un peu, mais Harry n’en avait pas envie. Il n’avait pas envie de se faire remonter … Pas tant que tout ça ne sera pas fini, pas tant qu’il ne sera pas avec Ginny…
Le voyage ce passa sans incidents. Un silence de plomb régna entre Harry, Ron et Hermione durant le trajet, interrompu de temps à autres par les gargouillis résonnant dans le ventre de Ron, qui n’avait pas assez d’argent pour s’acheter de friandises et qui s’était levé à une heure beaucoup trop tardive pour pouvoir espérer prendre un petit déjeuner sans manquer le train. Mais il ne se plaint pas du voyage. Lorsqu’il arriva à la gare de King Kross, c’est à regrets qu’Harry pris sa valise et la cage d’Hedwidge pour descendre du train. Là, Mr. et Mrs. Weasley attendaient Harry et leurs enfants. Mrs. Weasley prit chaleureusement Harry dans ces bras un peu dodus.
-Harry, mon chéri, dit-elle avec une voix légèrement tremblante, je suis vraiment désolée pour ce qui est arrivé! Dumbledore était un sorcier remarquable, c’est une grosse perte, je le sais… Mais sache que tu seras toujours le bienvenue chez nous, Harry!
-Merci, Mrs.Weasley…
Mr.Weasley passa son bras autour du bras de Harry et l’entraîna plus loin.
-Harry… murmura-t-il en regardant le concerne dans les yeux. Je sais que tu es allé quelque part avec Dumbledore avant qu’il ne soit assassiné, et je n’insisterai pas pour t’arracher des informations. Par contre, j’aimerais discuter avec toi de ce que tu vas faire cet été, en attendant de retourner à Poudlard. Tu vas avoir 17 ans et-
-Mr.Weasley… Je ne retourne pas à Poudlard l’année prochaine.
-Quoi? Mais je pensais que tu étais en 6e année, comme Ron!
-Oui, mais je n’ai pas l’intention de faire ma septième année. J’ai l’intention de partir à la recherche de Voldemort et de l’éliminer.
-Ce sont de nobles intentions que tu as là Harry, mais crois-tu que c’est raisonnable? Tu-Sais-Qui est un sorcier extrêmement puissant, se lancer ainsi à sa poursuite relève du suicide!
-Je suis loin de me lancer dans cette « Poursuite Suicide », comme vous dites, sans connaissance de cause, Mr. Weasley. Faites-moi confiance.
-Je veux bien, Harry, je veux bien… Surtout, sois prudent. Et n’oublie pas : n’importe quand, tu seras le bienvenu à la maison.
-Merci beaucoup.
-Ça fait plaisir, ça fait plaisir, répondit-il en lui lançant un clin d’œil avant de s’éloigner pour voir ses fils.
Harry s’apprêtait à franchir le mur magique qui reliait le quai 9 et trois quarts au reste de la gare quand il sentit deux petits bras lui entourer la taille et une tête s’appuyer sur son dos. Il reconnut les petites mains douces de Ginny. Il allait la repousser quand il l’entendit sangloter doucement derrière lui.
-Ginny…
Les sanglots redoublèrent. Pris au dépourvu, Harry ne savait que faire. Il avait l’impression de devoir à nouveau s’occuper d’une Cho Chang en pleurs. Sauf que cette fois-ci, ce n’était pas Cho mais bien Ginny, sa précieuse Ginny… Harry se retourna et pris sa bien-aimée dans ses bras en lui caressant les cheveux. Il n’avait nul besoin de lui demander la cause de sa peine : il était pleinement conscient que c’était de sa faute… Il profita de l’instant pour humer la douce odeur fleurie qui émanait de la petite rousse, celle-là même qu’il avait sentie le soir du meurtre de Dumbledore, et pour imprimer dans sa mémoire la douceur de ses cheveux. Après tout, il n’allait la revoir qu’au mariage de Bill, s’il parvenait à y aller, ensuite, rien n’était certain.
-Harry... fit la petite voix étouffée de Ginny. Harry, je ne veux pas te perdre! Je ne veux pas que tu partes de Poudlard. Je ne supporterais pas de vivre sans toi! Si jamais il t’arrivais quelque chose… Et puis nous avons passé si peu de temps ensemble! Harry, je me fiche que les Mangemorts me torturent, ce ne sera jamais pire que de te savoir loin de moi!
À ces mots, Harry sentit deux larmes chaudes poindre à ses yeux.
-Ginny, je ne peux pas te mettre en danger… Tu mérites d’avoir une vie tranquille Ginny, et ce n’est pas avec moi que tu vas l’avoir! La vie continue, Ginny, tu dois vivre ta vie…
-Justement, Harry, la vie continue! Tu ne peux pas tout abandonner comme ça pour partir à la chasse aux Mangemorts! C’est comme si tu fuyais, Harry. C’est comme ça que je le sens, moi! Je veux t’avoir près de moi. Tu crois sérieusement que je pourrais avoir une petite existence tranquille, même si tu pars sans moi? Je suis une Weasley, Harry, nous sommes tous en danger de mort! Et avec toi loin de moi, je me ferais un sang d’encre... Et je me sens tellement en sécurité dans tes bras Harry, que plus rien d’autre n’a d’importance…Tu comprends? Jure moi que tu vas revenir Harry! Dis-le moi!
-Je… Ginny… Je ne peux rien promettre. Mais je vais y penser sérieusement, promis.
-D’accord, dit Ginny en essuyant une larme et en réprimandant un sanglot. Je t’aime Harry. Tellement…
-Ginny, je t’aime aussi… Plus que tu ne peux te l’imaginer.
Ils s’embrassèrent longuement. Peut-être était-ce un baiser d’adieu… Ils ne le savaient pas. Tout ce que Harry savait, c’est qu’à l’instant où leurs lèvres se touchèrent, il se sentit heureux, infiniment heureux. Il ne pouvait pas l’abandonner. Il ne le ferait pas. Car après tout, malgré le fait que c’était la guerre, et que Dumbledore était mort… La vie continuait.
Qu'est-ce que vous en pensez?
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